
Frédéric Roux était un footballeur évoluant au poste de gardien de buts de 1995 à 2008. Formé à l’AS Nancy-Lorraine, il a évolué avec son club formateur durant les quatre années qui suivent. Il a gagné le Championnat de France de Division 2 en 1998. Il s’est engagé ensuite une saison à La Berrichonne de Châteauroux (1999-2000). Il est parti au Girondins de Bordeaux de 2000 à 2006, où il a remporté la Coupe de la Ligue en 2002 face au FC Lorient et a participé à la Ligue Europa. Il a signé ensuite à l’AC Ajaccio pendant une saison (2006-2007). Durant l’été 2007, il a participé aux entraînements avec la réserve des Girondins de Bordeaux en attendant de trouver un club. Ce club sera l’Olympique Lyonnais, où il a évoluera durant une saison (2007-2008), avant de prendre sa retraite. Il est parti à Dubaï pour créer une académie pour entraîner les gardiens de buts. Il est revenu il y a six mois en France et cherche un club pour postuler en tant qu’entraîneur des gardiens. Actuellement, il anime des séances spécifiques sur Bordeaux pour des gardiens qui souhaitent s’entretenir, se perfectionner et faire la transition de cette période de confinement et de déconfinement pour la prochaine saison.
Suite à cette introduction pour présenter Frédéric Roux, voici l’interview !
Si je dis le mot « football », quel est le premier souvenir qui vous vient en tête et pourquoi ?
Mon premier tournoi international avec le club de l’AS Nancy-Lorraine. Je devais avoir 7-8 ans. Je venais de rejoindre ce club qui sera ensuite mon club formateur. On a gagné le tournoi en battant en finale le Bayern Munich. J’ai été élu meilleur gardien du tournoi. Et il pleuvait des cordes, le terrain était un véritable bourbier. Dans mon équipe, il y avait aussi un certain Tony Vairelles.

Pourquoi aviez-vous envie de faire du football ?
Au départ, c’est pour suivre un peu les traces de mon père et de mon frère aîné. Mon papa était également gardien de buts même s’il n’a pas évolué au très haut niveau. Donc forcément, ça m’a donné l’envie de faire comme lui.
Votre frère a joué au haut niveau ?
Non, jusqu’en U17 nationaux, à l’AS Nancy-Lorraine. Après il a fait le choix des études.
Pourquoi aviez-vous voulu faire le métier de footballeur et pas un autre ?
Parce que c’est un superbe métier et à partir du moment où vous avez de la chance d’intégrer un centre de formation comme je l’ai fait à Nancy, vous mettez alors tout en œuvre pour faire de votre passion votre métier. Le football reste avant tout un plaisir mais il devient un luxe lorsque l’un a la chance de pouvoir le pratiquer au quotidien. Et quoi de mieux que de pouvoir vivre de sa passion.
Oui c’est vrai vous avez raison. Moi ma passion c’est d’informer les autres, je voudrais devenir journaliste sportif. Aviez-vous d’autres projets étant jeune ?
Justement, j’avais l’envie comme vous de devenir journaliste sportif si je n’avais pas eu la chance de pouvoir mener cette carrière de footballeur. J’ai eu également ma période kiné. Mais tout avais un rapport avec le sport. J’aurais aimé avoir une carrière de tennisman également.
Avez-vous un club de cœur ?
Oui, je pense qu’aujourd’hui ce n’est pas un secret pour personne. Je l’ai tellement clamé haut et fort. Les Girondins de Bordeaux où j’ai eu la chance d’évoluer durant six saisons, entre 2000 et 2006.
Un souvenir à me partager en tant que supporter ?
Le Jubilé de Michel Platini. C’était en 1988, au stade Marcel Picot, à Nancy. Toutes les stars de l’époque étaient présentes dont Diego Maradona. C’était le match de l’équipe de France (championne d’Europe) contre le reste du monde. J’étais derrière un but. J’avais pu voir de près Joël Bats, Jean-Marie Pfaff, Rinat Dasaev, des grands gardiens de l’époque. Mais ça risque de ne pas trop parler aux plus jeunes. Cette soirée fut juste magique. Une très belle fête du football pour rendre hommage à l’un des meilleurs joueurs du moment, si ce n’est le meilleur.
Est-ce qu’en étant jeune, vous aviez une idole ?
J’ai aimé Joël Bats. J’ai admiré Fabien Barthez ou Bernard Lama. J’ai rigolé avec Pascal Olmeta. Mais mon idole, si dois en désigner une, c’était Gaëtan Huard. J’adorais ses tenues, son look et son style spectaculaire. Et il a mener une carrière brillante notamment à l’OM et aux Girondins.
Présentez vous parcours. Du début jusqu’à présent .
Je suis nancéien de naissance, j’ai débuté le football dans cette région dans un petit club et je suis allé faire une journée de détection à l’AS Nancy-Lorraine. A partir de là, j’ai fait toutes mes classes là-bas, jusqu’au centre de formation dirigé alors par Alain Perrin. J’ai intégré l’effectif professionnel en 1994 en tant que doublure de Grégory Wimbée. En 1996, j’ai vécu ma première saison en tant que titulaire en deuxième division. Tout se passe bien et on termine champions de France. Meilleure défense en plus, que des points positifs. La saison suivante, on se maintient en première division. Le seul point noir, c’est que je suis écarté à six journées de la fin pour faire jouer Bertrand Laquait, qui jouait en Espoir à l’époque. En tant que nancéien de naissance, je vais au clash avec mes dirigeants. A la suite de cette intervention, quelques offrent arrivent, dont les Girondins. Mais Nancy se montre trop gourmand. Je rejoins donc Châteauroux sous la forme d’un prêt où j’effectue une saison complète en tant que titulaire. A la fin de la saison, je retourne à Nancy, mais ni les dirigeants ni le coach n’ont changé. Je dois encore trouvé une solution. Par chance, Bordeaux revient à la charge. Je pars quatre ans en Gironde. C’est un rêve qui se réalise, j’ai toujours adoré ce club, cette région, surtout que les dirigeants m’ont montré deux fois leur confiance. Je débute en tant que doublure d’Ulrich Ramé. J’accepte le marché, les choses sont claires avec Elie Baup (entraîneur). J’espère alors avoir ma chance au bout d’un an ou deux du coup. Elie Baup m’accorde sa confiance sur les coupes. Je passe finalement six ans là-bas. J’ai la chance de disputer des matchs de Coupe d’Europe quand Ulrich Ramé est blessé. Libre de tout contrat, je signe deux saisons à l’AC Ajaccio qui a pour ambition de remonter la saison prochaine après leur descente. Le seul problème c’est que sportivement on n’y est pas, individuellement, je vis une de mes plus mauvaises saisons et j’ai des relations conflictuelles avec l’entraîneur. Je met un terme à mon contrat au bout d’un an et je retourne m’entraîner avec le centre de formation des Girondins. La saison suivante commence, et Grégory Coupet se blesse gravement. Il y a Alain Perrin que je connais qui entraîne l’équipe de Lyon, je les contacte, je propose mes services et tout est bouclé en un jour. Lyon c’est un autre monde. Donc lors de la saison 2007-2008, la dernière saison de ma carrière, pas de temps de jeu en équipe première mais un plaisir immense de pouvoir côtoyer tous ces internationaux au quotidien.
Qu’est-ce qui vous plaît dans le poste de gardien ?
J’aime son côté « à part ». C’est un poste vraiment spécifique. Déjà petit, j’aimais l’idée de porter une tenue différente des autres joueurs, d’avoir des gants,… Après en grandissant, on comprend rapidement que ce poste est vraiment différent, avec de lourdes responsabilités en tant que dernier rempart de l’équipe. Et puis, j’aime le travail spécifique qu’il requiert, les entraînements, la préparation. Aujourd’hui, c’est un vrai plaisir que de pouvoir partager la passion avec des jeunes gardiens pour justement essayer de leur faire comprendre toute la beauté du poste, même s’il peut s’avérer parfois ingrat.

Tu réalises une saison complète en Ligue 1 avec Nancy en 1998-1999, qu’est-ce qui t’a poussé en prêt du côté de Châteauroux à la fin de cette même saison ?
Je sortais de deux très belles saisons avec Nancy, et d’un coup on me met sur le banc sans raison, si ce n’est le fait qu’il faut faire ma doublure qui est le seul équipe de France Espoir qui ne joue pas en club. J’ai assez mal pris la chose et je voyais très peu de considération de la part de mon club et j’ai fais part de mon mécontentement. Je pouvais pas continuer dans ces conditions donc j’ai demandé à partir. A ce moment là, il y a déjà les Girondins qui s’étaient positionnés mais les dirigeants ont été trop gourmands et ont fait capoter l’affaire. Suite à cela, Châteauroux est venu me chercher avec un gros projet. Les dirigeants nancéiens ne voulaient pas entendre parler d’un transfert donc on a trouvé une solution de prêt. Malheureusement, on fait une saison assez moyenne, on arrive pas à remonter en Ligue 1.
Vous avez connu de nombreux grands stades au cours de votre carrière. Quelles sensations ressentiez-vous avant de rentrer sur le terrain, pendant et après le match ?
Avant de rentrer sur la pelouse, c’était toujours un mélange d’excitation et d’appréhension car même si on préparait très bien les rencontres, on ne pouvait prévoir les scénarios et prédire ce qui nous attendait durant 90 minutes. Forcément, après le match, tout dépendait du résultat de celui-ci. Ça pouvait aussi bien être de la joie en cas de victoire comme de la déception dans le cas contraire.
Aviez-vous un rituel d’avant-match pour éloigner le stress ? Étiez-vous stressé avant un match ?
Lorsqu’on débute une carrière, il y a toujours une part de stress dû notamment à l’envie de bien faire. Après, comme bon nombre de gardiens de buts et de joueurs, j’avais mes petites habitudes et mon petit rituel d’avant-match. Je pense que c’est important pour se rassurer et pour se mettre dans les meilleures dispositions avant d’aborder la rencontre. Ça durait toute la journée du match, à l’hôtel, dans le bus nous menant au stade, dans les vestiaires, à l’échauffement.
D’accord et c’était quoi votre rituel ?
Il y avait déjà les habitudes collectives, les horaires définis le jour du match à l’hôtel : réveil, petit déjeuner, promenade, causerie, déjeuner, sieste, collation, causerie, départ pour le stade. Après, venait se rajouter mes petites habitudes personnelles notamment dans les vestiaires et à l’échauffement. J’aimais notamment m’isoler un moment dans le coin réservé aux douches, avant d’élargir à l’échauffement, avec un ballon, pour me concentrer et visualiser certaines situations de match. Puis je faisais toujours le même échauffement, c’était une véritable routine. Encore une fois pour pouvoir me mettre dans les meilleures dispositions.
Dans certains matchs, ressentiez-vous une pression autour de toi vis-à-vis des enjeux ou autre ?
Lorsque j’évoluais aux Girondins, j’avais donc ce statut de doublure derrière Ulrich Ramé. Forcément, j’avais donc moins de temps et à chaque fois qu’on faisait appel à moi, je savais que les performances allaient être épluchées. C’est aussi cela le rôle ingrat d’une doublure. Devoir répondre présent à chaque fois que vous avez l’opportunité de jouer malgré un manque de repères. Après, je ne me suis jamais focalisé sur cette pression particulière. J’essayais simplement de faire de mon mieux pour le bien du collectif.
Vous avez joué l’Europa League avec Bordeaux lors de la saison 2000-2001, y a-t-il une pression supplémentaire lors d’un match de Coupe d’Europe ?
L’environnement n’est pas le même. Il y a plus d’attention sur ces matchs. J’ai joué mon premier match de Coupe d’Europe à Lierse, en Belgique, dans un stade un peu champêtre donc sur le terrain, quand le match débute, tu ne fais trop la différence entre le championnat et l’Europa League. C’est plus l’environnement autour qui change un peu, avec des journalistes et des médias internationaux qui suivent ces matchs. Contre le Werder de Brême, là c’était un grand match, on avait fait 0-0, c’est mon meilleur souvenir en Europa League.
Quelle est la plus belle émotion qui vous avez été donné de vivre sur un terrain de football et en quoi est-elle atypique ?
La fierté d’avoir pu emmener les supporters girondins au Stade de France pour y remporter la finale de la Coupe de la Ligue en 2002 contre Lorient après un superbe parcours. La fierté d’avoir pu remporter ce trophée devant les proches et mes amis. Enfin la fierté d’avoir pu être à la hauteur de la confiance que m’avait accordé Elie Baup tout au long de la compétition.
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Quel est le joueur le plus talentueux et le plus technique que vous ayez connu ?
J’ai eu la chance de côtoyer des grands joueurs, des très grands joueurs durant notamment mes passages à Bordeaux et à Lyon. Des joueurs comme Sávio, Denílson, Christophe Dugarry, … aux Girondins. Et puis à l’OL, il y avait quasiment que des internationaux. Mais si je devait en citer un, ce serait Karim Benzema qui ne faisait que débuter sa carrière à l’époque. C’était en 2007. Et quand on voit qu’il est toujours au top niveau aujourd’hui. Après, si on parle uniquement technique, Hatem Ben Arfa était très très fort.
Quels sont les entraîneurs que vous avez rencontrés et qui vous ont marqués ?
J’ai également eu la chance de côtoyer des grands entraîneurs et des grands hommes mais les deux entraîneurs qui m’ont considérablement marqué et influencé ont été Dominique Dropsy et Joël Bats. Des personnalités différentes mais une approche du football et une vision du poste de gardien de buts similaires. Ils mettaient tous les deux le plaisir en avant et m’ont fait partager toute leur expérience et leur savoir faire. C’était un pur régal de travailler tous les jours sous leurs ordres. Non seulement c’était deux grands gardiens mais aussi des grands hommes qui m’ont beaucoup appris également sur la vie.
Votre plus grande joie due au football, c’était quand ? Vous me décrivez le moment.
Le même souvenir de cette finale de Coupe de la Ligue au Stade de France en 2002. Avec un scénario idéal pour nous et la possibilité de profiter de la superbe ambiance car nous avions tué le match bien avant la fin du match, ce qui est rare. Il y a eu la communion avec nos supporters après le coup de sifflet final, l’après-match avec les proches et la fête à Lescure, le lendemain au retour sur Bordeaux. Ce sont des moments que je souhaite à tous les joueurs car nous faisons ce métier pour connaître et partager ce genre d’émotion.
Et votre pire moment ? En me le décrivant également.
Un des pires moments de ma carrière, c’est forcément une défaite. J’en ai une qui me vient en tête. On joue à Nice avec les Girondins. Je pallie l’absence d’Ulrich qui est blessé. Et là, ça a été une vraie catastrophe. Je ne suis jamais rentré dans la partie et chaque situation devant mon but me rendait fébrile. Au final, on perd. Et cerise sur le gâteau, je provoque un penalty et je me fais expulser. C’est un sentiment de trahison plus que de tristesse. Le sentiment ce soir là d’avoir abandonné les coéquipiers et d’avoir trahi les supporters bordelais car il existait une vraie rivalité avec leurs homologues niçois. Ils m’ont longtemps reproché ma piètre performance.
Avec quelques renseignements sur vous, j’ai appris qu’à un moment de votre carrière vous étiez au chômage. Comment avez-vous remonté la pente ? Vous vous êtes remis en question ?
J’ai connu deux fois le chômage. Une première fois à l’issue de ma période bordelaise. En fin de contrat, il m’a fallu trouver une nouvelle destination mais durant l’été 2006, j’ai connu le stress de me retrouver sans club. Et puis après ma saison à Ajaccio, je me suis retrouvé une seconde fois au chômage. J’avais résilié mon contrat de 2 ans en Corse après seulement la première année. Ce fut une saison trop compliquée à tous les niveaux et il m’était impossible de repartir pour une seconde saison. J’avais donc pris le risque de me retrouver sans club. Forcément on est inquiet, on se pose des questions et on se demande si on va retrouver une nouvelle opportunité professionnelle. Mais, à chaque fois, j’ai trouvé le soutien des Girondins qui m’ont accueilli gracieusement pour que je puisse m’entraîner avec le centre de formation. Ça m’a permis de m’entretenir notamment avec Patrick Battiston, Marius Trésor et Dominique Bernatowitcz et de rester en condition au sein d’un collectif pour être prêt si une opportunité venait à se présenter. Je ne les remercierai jamais assez car ils m’ont permis notamment de rebondir en 2007 à l’Olympique Lyonnais.
Et maintenant, que faites-vous comme profession ? Êtes-vous toujours dans le domaine du sport ou du football ?
A la suite de ma carrière, je suis parti vivre aux Émirats ou j’ai débuté ma « seconde vie » en tant que Coach spécifique gardiens. Après plusieurs expériences avec différentes académies internationales, j’ai travaillé avec le club professionnel d’Al Wasl où j’étais en charge de tous les gardiens de son centre de formation. Suite à cette expérience très enrichissante, j’ai décidé d’ouvrir et de développer la première académie uniquement dédiée aux gardiens de buts aux Émirats. Aujourd’hui, de retour en France, je suis toujours entraîneur de gardiens mais avec une belle expérience derrière moi et j’aimerais ainsi pouvoir intégrer un club. En attendant, je propose des entraînements spécifiques à Bordeaux pour faire la transition entre la période post confinement et le début de la prochaine saison.
Voulez vous toujours devenir journaliste sportif un jour ?
Aujourd’hui ce serait plus pour être consultant TV, intervenir sur le bord du terrain ou sur des émissions footballistiques.
Avez-vous d’autres passions que le football que vous aimeriez me faire part ?
J’ai longtemps pratiqué le golf que je trouvais notamment complémentaire avec ma carrière de joueur pour la concentration et la persévérance que ce sport exige. C’est aussi une remise en question permanente à chaque fois qu’on se retrouve devant la petite balle blanche. Sinon, depuis mon passage à Bordeaux, je me suis passionné devin et je suis donc ravi d’être de retour dans le région pour pouvoir approfondir mes connaissances. Je suis un sportif dans l’âme et je m’intéresse à toutes les disciplines. Et puis je suis curieux également en ce qui concerne l’immobilier, l’architecture et le design immobilier.
Est-ce que vous aimez voyager ? Si oui, pourquoi ?
J’aime les voyages, comme beaucoup d’entre nous et ma profession m’a permis de beaucoup voyager. J’aime découvrir de nouveaux environnements, de nouvelles cultures. Mais, à partir du moment où je me suis installé aux Émirats, j’ai beaucoup moins voyager.
Où avez-vous déjà voyagé et où aimeriez-vous partir ?
Ma carrière m’a emmené un peu partout en Europe. A titre privé, j’ai découvert pas mal de destinations un peu plus exotiques. Mais je n’ai jamais eu l’occasion d’aller aux États-Unis et c’est une destination qui me plairait beaucoup.
Quand on raccroche les crampons, en termes d’alimentation. On fait toujours attention à ce que l’on mange ou on fait beaucoup plus de petits écarts ?
Personnellement et hônnetement je me suis toujours tout permis car j’ai la chance de ne pas prendre de poids. Donc il n’y a pas vraiment de différence aujourd’hui avec ce que je mangeais lorsque j’étais joueur. Après, lorsque je vois certains ex-joueurs, je remarque que certains lâchent prise 😉 contrairement à d’autres qui continuent de garder le ligne et qui font tout pour rester « fit ».
Avez-vous des anecdotes ou des dates clés de votre carrière de gardien ? Si oui, pourrez-vous me les expliquer et les détailler ?
Des anecdotes, OK, mais pour les dates ma mémoire est un peu branlante de temps en temps, si je peux me permettre.
Un moment dont je me souviendrai toujours, c’est mon premier match professionnel avec l’AS Nancy-Lorraine. C’était en deuxième division, c’était en déplacement à Dunkerque. On fait un match solide (0-0). Pour un premier match, ne pas encaisser de buts c’est plutôt un bon début.
Ensuite, toujours avec l’AS Nancy-Lorraine, c’était un match de Coupe de France où on jouait à domicile face au SC Bastia, qui à l’époque évoluait en première division. C’était un match épique. On gagne au penalty, j’en sauve deux et je marque le penalty de la victoire.
Toujours avec l’AS Nancy-Lorraine, ma première saison en tant que titulaire qui se conclut par une montée en première division. On a obtenu le titre de meilleur défense et de champion de France de deuxième division. Cette montée en première division va me faire découvrir l’élite.
Lors de la saison 1997-1998, durant cette période il y a des anecdotes moins glorieuse. C’était un match amical pour la préparation de la saison, on était en stage en Alsace. On affronte le RC Strasbourg. Et sur un coup franc, un joueur de Strasbourg tire et le ballon vient mourir au pied du poteau. Je veux intervenir, je me fracasse contre le poteau. Plus de son, plus de lumière, je me suis réveillé quelques heures plus tard sur un lit d’hôpital. J’avais perdu connaissance.
J’ai pas mal d’anecdotes avec les Girondins de Bordeaux. En six saisons, j’ai connu des grands moments de joie. On revient toujours à cette date en mai 2002 au Stade de France. Mais il y en a eu d’autres. Notamment mon premier match européen. Je rentre en cours de jeu pour pallier à la blessure d’Ulrich Ramé. Il y a aussi mon premier match européen en tant que titulaire. C’était à Lierse, en Belgique. Pareil, Ulrich était blessé et forfait. Je suis prévenu au dernier moment que je vais être titularisé donc je n’ai pas trop eu le temps de gamberger, et puis je découvre un stade champêtre. Une nouvelle fois, on fait un match solide (0-0). Je fais une belle prestation d’ensemble et ça restera pour moi un très beau souvenir.
Après j’ai une anecdote un peu plus périeuse. C’était un match européen mais je ne sais plus contre qui on jouait. On faisait pas une belle prestation en première période. C’est la mi-temps, on rentre au vestiaire, et puis j’ai deux de mes coéquipiers qui commencent à se lancer des regards, à se provoquer à distance. Ça a fini par une petite bagarre dans les vestiaires. Le président et l’entraîneur ont du intervenir pour séparer tout le monde, pour amener tout le monde au calme. C ‘est une anecdote un peu rare dans ce milieu là.
J’ai connu une saison très compliquée dans le plan sportif à Ajaccio. Je résidait alors en Corse. J’ai connu une saison compliquée à titre collectif et également personnel. Mes prestations étaient très moyenne. J’avais du mal à jouer à domicile, j’arrivais pas à trouver mes repères. Et donc ça donnait des prestations de piètre qualité. Le public m’avait pris un peu en grip, donc lorsque vous jouez à la maison, surtout à Ajaccio comme le stade est petit, vous entendez tout. Il m’arrivait de fuir à la fin du match et de prendre ma voiture et rentrer tout de suite à la maison. Et pour donner suite à cette anecdote, ma femme était enceinte, elle était resté à Bordeaux. Donc je faisais des aller-retour le week-end entre Ajaccio et Bordeaux. C’est pour cela qu’à l’issue de ma première saison en Corse, j’ai résilié mon contrat. Ça devenait très inconfortable et invivable.
Après l’une des dates clés de ma carrière, c’est aussi quand je suis rentré pour la première fois dans les vestiaires de l’Olympique Lyonnais à l’entraînement. Deux jours auparavant, j’étais encore au centre de formation de Bordeaux avec Battiston, Marius Trésor,… pour m’entretenir et garder la forme. Et après avoir contacté le coach de l’OL, Alain Perrin, et l’entraîneur des gardiens, Joël Bats, pour être la doublure de Grégory Coupet, je me retrouve dans ce club garnit d’internationaux. A partir de ce moment là, je vis un rêve éveillé. A l’époque, l’Olympique Lyonnais dominé de la tête aux épaules le championnat de France. Il y avait Juninho, Benzema, Ben Arfa, Cris, Coupet, et j’en passe, ce n’était que des internationaux. Lors des semaines internationaux, on se retrouver à quatre joueurs à l’entraînement. Même si cette saison-là je n’ai pas eu de temps de jeu, au quotidien je vivais un rêve. A 35 ans, je ne pouvais espérer un autre environnement pour m’éclater. Cette saison là, nous avions fait le doublé championnat Coupe de France. C’était le dernier match à Auxerre. Pour officialisé le titre, il fallait évidemment un match nul. Le club avait invité tous les joueurs de l’effectif professionnel et même les familles. Il avait empreinté un avion exprès pour nous tous. On s’était tous installer dans les tribunes. On a tué le match d’entrée de jeu en marquant à la deuxième minute. On savait qu’il ne pouvait rien nous arriver et on a pu fêter le titre en avance.
Avez-vous un message à faire passer à tous les jeunes gardiens qui rêvent de devenir professionnel tôt ou tard ?
Le message est très clair. Il est autorisé à tout le monde de rêver et notamment de rêver d’une carrière professionnelle. Après il y a beaucoup de candidatures pour peu d’élus et il y a surtout un secret, si on veut pouvoir donner les moyens de vivre ces rêves, il faut être travailleur, persévérant, ne jamais lâcher quoi qui se passe et lorsque l’occasion se présente, il faut savoir la saisir et répondre présent le jour j. C’est un très très beau métier mais ça demande énormément de sacrifices lorsqu’on est jeune, beaucoup de travail lorsqu’on est professionnel. Mais ça en vaut la peine.
Pour conclure cette interview, qu’est-ce qui vous a plut dans celle-ci ? Était-elle originale ?
C’est une très bonne interview. C’est une interview qui diffère un peu de ce que j’ai pu faire dernièrement. C’était avec plaisir.
Merci Frédéric Roux pour avoir pris de votre temps pour répondre à mes questions.