La Grèce : Un parcours digne d’une analyse

Euro 2004 : l'année où la Grèce a signé le plus beau hold-up du ...

Considéré comme la plus grosse surprise et le plus beau hold-up de l’Euro de football, la Grèce remportait cette compétition européenne en 2004 à la surprise générale. Un sacre de prestige, des leçons de réalisme et techniques digne de grandes nations européennes. Comment cette sélection 61ème au classement FIFA as-t-elle fait pour remporter un tel trophée ? Certain diront que c’est la loi du football ! D’autres diront que c’est de la chance ! Retour sur cet évènement, qui 12 ans après, reste toujours dans nos mémoires.

Le commencement

Tout commence avec l’arrivée d’Otto Rehhagel sur le banc grec. Joueur allemand reconverti en entraîneur, passé par le Borussia Dortmund, le Bayern Munich ou encore le Werder Brême, le coach rejoint en 2001 la sélection grecque qui, en grande difficulté, trône alors à la 61e place du classement FIFA derrière des pays comme la Géorgie, la Jamaïque ou encore l’Iran. A son arrivée au sein de la sélection, Rehhagel se voit confier un objectif principal et majeur : la qualification pour l’Euro 2004 qui aura donc lieu dans 3 ans à peine. Pour quelqu’un qui n’a jamais entraîné en Grèce et qui ne parle même pas la langue locale, la mission s’annonce alors très complexe même quasiment impossible.

Otto Rehhagel démissionne

Une bonne ambiance au sein du groupe

Dès son arrivée, le nouveau coach instaure au sein de la sélection un climat prospère et familiale où la communication est le maitre mot. Par l’intermédiaire de son adjoint Ioannis Topalidis, le sélectionneur créer ainsi un groupe de joueurs soudés et convainc ces derniers de la justesse de ses choix tactiques défensifs qui consiste à s’appuyer sur les qualités de ses joueurs. Des qualités qui sont alors principalement la rigueur, la combativité, et la solidarité.

Des éliminatoires passées très simplement

Dans un groupe relevé lors des éliminatoires avec comme adversaires l’Espagne, l’Ukraine, l’Arménie et l’Irlande du Nord, les Grecs terminent pourtant à la première place en battant notamment l’Espagne chez elle et se qualifient donc pour l’Euro qui aura lieu au Portugal. La mission du coach est alors remplie mais l’histoire, elle, ne s’arrête pas là.

L’Euro !

Héritant une nouvelle fois d’un groupe de la mort composé de l’Espagne, le Portugal et la Russie, la Grèce est pour énormément de personnes condamnées à l’élimination dès le premier tour. Mais fort d’une solidité défensive rare, d’une grande qualité en transition offensive et d’un réalisme impressionnant face aux cages, la Grèce renverse le Portugal lors du match d’ouverture (1-2), tient en échec la sélection espagnole (1-1), avant de décrocher contre toute attente une qualification pour les quarts de finale de la compétition malgré une défaite face aux Russes (2-1). Opposés au champion d’Europe français, les hommes de Rehhagel mettent à nouveau à profit leurs qualitées défensives hors-norme. Il plie mais ne rompt pas et prennent même un avantage décisif à l’heure de jeu par l’intermédiaire d’Angelos Charistéas. La surprise est totale. Archis combatifs, les Grecs n’encaisseront aucun but lors des phases finales de cet Euro. Après avoir vaincu en demi-finale la République Tchèque grâce à un but sur corner pendant les prolongations. La Grèce est en finale.

La finale

En finale à Lisbonne contre le Portugal, Otto Rehhagel surprend son monde en optant pour un système à 4 défenseurs. Pour le reste, le déroulement du match est une copie quasi conforme du quart de finale contre la France avec une nouvelle tête héroïque de Charisteas autour de l’heure de jeu. Derrière, le bloc assure comme un seul homme réduisant à néant les espoirs portugais de remporter devant son public le premier titre de son histoire. Le piège tactique tendu par la Grèce durant cet Euro 2004 était parfait et demeure toujours aujourd’hui une étude de cas souvent analysée dans le cycle de formation des entraîneurs professionnels.

Calais : Une belle bande d’amateur

Coupes - 19 mars 2000, l'épopée de Calais à la "une" - FFF

Véritable ode aux exploits des petits poucets et au football champagne, la Coupe de France est depuis sa création le témoin de nombreuses surprises en permettant aux équipes amateures de se confronter à l’élite du ballon rond français. Pendant la saison 1999-2000, l’équipe de football amateur de Calais, le Calais Racing Union Football Club (CRUFC), a réalisé la plus belle épopée de toute l’histoire du football français en Coupe de France.

Un parcours digne de l’élite

Calais est l’une des seules équipes amateures à avoir atteint la finale de la Coupe de France. C’est d’ailleurs très certainement avec Quevilly et Les Herbiers, le club auquel on pense le plus quand on évoque les parcours fous dans cette compétition. Club de quatrième division (CFA) à l’époque, Calais élimine successivement quatre équipes professionnelles. En trente-deuxièmes de finale, les joueurs de Ladislas Lozano jouent contre Lille, alors en Division 2. Malgré les deux divisions qui les séparent, le CRUFC parvient à gagner aux tirs aux buts (1-1 ; 7-6 t.a.b). Lors des seizièmes de finale, le club nordiste rencontre la modeste équipe de Langon-Castet, alors en cinquième division française (CFA2). Les nordistes remportent le match 3-0 en jouant sérieusement. Ensuite, comme si c’était une habitude, Calais gagne (1-1 ; 4-1 t.a.b) contre Cannes (D2) en huitièmes de finale. En quarts de finale, Calais crée la sensation en éliminant le Racing Club de Strasbourg (2-1), club de Division 1. En demi-finale, Calais réussit un nouvel exploit en éliminant un second club de D1 : les Girondins de Bordeaux (3-1), champions de France en titre. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe de France qu’un club de quatrième niveau atteint la finale. Jouer une finale de Coupe de France quand le football n’est pas notre métier principal, c’est forcément quelque chose d’exceptionnel. Les amateurs jouent contre le FC Nantes de Mickaël Landreau. Tout commence sur les chapeaux de roues, comme dans un conte de fée. Jérôme Dutitre le bien nommé marque à la 34e minute pour les nordistes après un cafouillage dans la surface. Mais Nantes égalise froidement grâce à Antoine Sibierski (50e). Le rêve Calaisien n’est pas mort, mais prend un sacré coup dans l’aile. On joue la 90ème minute, et l’arbitre siffle un pénalty en faveur de Nantes. C’est cruel, mais ça fait entièrement partie du jeu. Et Sibierski, bourreau du soir, inscrit son second but. Nantes gagne finalement 2-1 contre Calais et invite d’ailleurs le capitaine Calaisien, Réginald Becque, a soulever le trophée avec eux. Un beau geste qui viendra couronner un parcours absolument incroyable qui restera dans les mémoires comme l’un des plus beaux exploits de l’histoire de la Coupe de France.

Réginald Becque : « On a même parlé de l'épopée de Calais dans le ...

Et maintenant ?

Actuellement, le CRUFC n’existe plus. En effet, le club a déposé le bilan et a fait faillite en 2017. Triste fin pour ce club qui rêvait de l’élite. Maintenant, l’actuel club de Calais se nomme le Calais Football Club Hauts de France, et se trouve en Départemental 1, équivalent du 9ème échelon.

Liverpool : Un sacre magique au bout du suspens

En 2005, Liverpool réalisait le "Miracle d'Istanbul" face au Milan AC

Aujourd’hui, on va parler de ce qui constitue pour moi une finale d’anthologie. Oui, on va parler d’un match qui vaudrait à lui tout seul un grand roman ou un film. Il s’agit de la finale de la Ligue des Champions 2004-2005 opposant l’AC Milan de Paolo Maldini et le Liverpool de Steven Gerrard. Cette finale sera remportée un peu plus tard dans la soirée du 25 mai 2005 par les Reds au bout d’un suspens acharné et irrespirable.

La compétition en bref

Côté Liverpool

Liverpool termine quatrième de la saison de Premier League 2003-2004, soit la dernière place qualificative pour la Ligue des Champions. Mais il y a un quand même un petit inconvénient à cette fameuse place de n°4. En effet, le club anglais doit passer un tour préliminaire, pour atteindre les poules de la compétition. Les Reds tombent contre la modeste équipe autrichienne du Grazer AK, et en fait qu’une seule bouchée (2-1). L’équipe dirigée par Rafael Benitez tombe dans le Groupe A avec comme adversaire l’AS Monaco, l’Olympiakos et le Deportivo La Corogne. Le club anglais finit second derrière le club de la Principauté. Suite à cela, les Reds terrassent le Bayer Leverkusen (6-2 aller-retour confondu) en huitièmes. Puis gagne face à la Juventus (2-1 aller-retour confondu) en quarts, face à Chelsea (1-0 aller-retour confondu) en demi.

Côté Rossoneri

Du côté des italiens, ça été plus facile que les anglais. En effet, l’AC Milan termine champion de Série A et pourra compter sur Andriy Chevtchenko qui a fini meilleur buteur du championnat italien avec 24 réalisations. Les Rossoneri tombent dans le Groupe F avec le FC Barcelone, le Shakthar Donetsk et le Celtic Glasgow. Ils finissent facilement premier du groupe devant le FC Barcelone. Pour donner suite à ce parcours, l’équipe coaché par Carlo Ancelotti gagne face à Manchester United (2-0 aller-retour confondu) en huitièmes, étrille le rival de l’Inter Milan (5-0 aller-retour confondu), puis remporte la demie finale de justesse grâce au but marqué à l’extérieur face au PSV Eindhoven (3-3).

Le film de la finale

Solide comme jamais avec une paire Nesta-Stam infranchissable, un Pirlo en maestro parfait, un Kaka meneur de jeu délicieux et des attaquants efficaces, le Milan menait 3-0 à la pause. Maldini marquait dès la cinquantième seconde de jeu tandis que Crespo inscrivait un doublé sur des services de Chevtchenko (39e) et Kaka (44e). K-O debout et comme impuissant, Liverpool se voyait déjà aller chercher la médaille du vaincu. De retour de la pause, tout a radicalement changé ! En six minutes. Une tête de Steven Gerrard (54e). Un tir de loin de Vladimir Smicer sur lequel Dida était fautif (56e) et enfin un penalty de Xabi Alonso, transformé en deux fois, après une faute de Gennaro Gattuso (60e). La confiance changeait de camp. Le début d’un autre match où la peur d’en prendre un quatrième et la fatigue physique se faisaient sentir. Mais les Rossoneri parviennent à décrocher les prolongations. Les deux formations peinaient vraiment à se montrer créatives pour forcer la décision. Jusqu’à cette 117e minute où Jerzy Dudek se montrait exceptionnel d’une double parade face à Chevtchenko. Lors de la séance des tirs au but, le Milan voyait Serginho, Pirlo et Chevtchenko manquer leur tentative. Liverpool l’avait fait. La nuit était rouge.

Ali Dia : Le footballeur qui a dupé toute l’Angleterre

Ce nom ne vous dit sûrement rien mais il est, à lui seul, la plus grosse supercherie de l’Histoire de la Premier League. Nous sommes alors en novembre 1996, Southampton lutte pour le maintien en Premier League et le club est confronté à une véritable épidémie de blessures. Graeme Souness (coach des Saints à cet époque) reçoit un étrange coup de fil. L’interlocuteur se présente comme un certain George Weah (Ballon d’Or 1995). Il explique alors vouloir leur recommander un membre de sa famille qui aurait un véritable don pour le football. Un faux CV est alors envoyé à Graeme Souness sur lequel est indiqué qu’Ali Dia aurait évolué au PSG en même temps que George Weah mais aussi en deuxième division allemande. Seulement ce jeune sénégalais n’a aucune expérience du haut niveau puisqu’il évolue alors en 8ème division anglaise. Le canular marche alors à merveille car le coach de Southampton ne demande même pas à voir le joueur avant de trancher. Le joueur est alors convoqué pour passer des tests et dès le premier entraînement, ses nouveaux coéquipiers sentent la fraude.

Matt Le Tissier, attaquant de l’équipe et star du club

Je me suis entraîné avec lui qu’une seule fois, il a participé à un 5 contre 5. Je m’étais alors dit qu’il n’était vraiment pas bon et qu’il ne devrait sûrement pas rester.

Le rêve aurait même pu s’arrêter là puisque Ali Dia devait débuter un match de préparation qui a finalement été annulé pour raison climatique.

Le 23 Novembre 1996, Southampton rencontre Leeds United lors d’un match de Premier League. Matt Le Tissier est alors le seul attaquant valide, Gaeme Souness décide donc de convoquer Ali Dia sur le banc de touche. Concours de circonstance, Le Tissier se blesse à la cuisse et Southampton n’a qu’un seul attaquant sur le banc…Ali Dia. Le sénégalais fait alors son entrée à la 32ème minute de jeu. Il ne disputera malheureusement que 53 minutes de jeu avant d’être sorti à son tour tellement sa prestation était « comique ». En effet, l’usurpateur a tout fait pour éviter de toucher la balle durant la rencontre.

Matt Le Tissier

Il courait partout sur le terrain comme Bambi sur la glace.

Il se procurera tout de même une grosse occasion qu’il ne mettra cependant pas au fond. Mais cela ne durera qu’un match puisque les dirigeants du club se sont vite rendus compte de l’erreur commise et quelques jours plus tard, le contrat du joueur fût rompu à l’amiable.

Une histoire qui peut paraître irréel et impensable de nos jours mais ce joueur amateur a réalisé le rêve de tout fan de football : jouer un match de Premier League anglaise.

Désormais, Ali Dia a 54 ans et possède un fils, Simon, qui est également footballeur.

Parcours Ali Dia :

1988-1989 : AS Beauvais Oise (Ligue 2)

1989-1990 : Dijon FCO (Ligue 2)

1990-1991 : Entente Sportive La Rochelle (National 1)

1991-1992 : Olympique Saint-Quentin (Ligue 2)

1993-1994 : Voltigeurs de Châteaubriant (National 3)

1995 : FinnPa (D1 Finlandaise)

1995 : PK-35 (D3 Finlandaise)

1995 : VfB Lubeck (D4 Allemande)

1996 : Blyth Spartans (D8 Anglaise)

1996 : Southampton (Premier League)

1996-1997 : Gateshead (D6 Anglaise)

1997 : Spennymoor United (D7 Anglaise)

Parcours actuel de Simon Dia (fils d’Ali Dia) :

2010-2014 : Valenciennes FC (Ligue 1)

2012-2013 : Al-Duhail SC (D1 Qatarie) (prêt)

2014-2015 : Amiens SC (National 1)

2015-2017 : Olympique Saint-Quentin (National 3)

2017-2019 : Entente Sannois Saint-Gratien (National 1)

2019- : Police Tero (D2 Thaïlandaise)

Leicester City : Un accomplissement aussi génial qu’improbable

International : Leicester fête son titre au King Power Stadium

Aujourd’hui, on va parler de ce qui constitue, du moins pour moi, le plus grand exploit de l’histoire du foot moderne. Leicester champion d’Angleterre 2016. Un accomplissement aussi génial qu’improbable.

Les fondations

En mai 2008, Leicester touche le fond (ou presque). Le club est relégué en League One, la troisième division anglaise. Ils remontent dès l’année suivante, avec de nouvelles ambitions. A l’été 2010, l’histoire du club bascule : Vichai Srivaddhanaprabha (compte triple au scrabble), rachète le club avec le groupe King Power. Et si Leicester doit être redevable envers quelqu’un, c’est bien lui. Et c’est Nigel Pearson dont on avait parlé dans un précédent post qui va ramener Leicester en Premier League. Dès leur première saison, les Foxes marquent les esprits. Après 29 journées, Leicester ne compte que 19 points. Une catastrophe comptable. Mais ils réalisent alors déjà un exploit : celui du maintien le plus incroyable jamais vu, grâce à 7 victoires sur les 9 derniers matchs. Ils deviennent alors la troisième équipe de l’histoire à se maintenir après avoir été lanterne rouge à Noël après West Bromwich et Sunderland. Ils terminent 14è.

Une saison dantesque

En août 2015, personne ne se doutait de ce qui allait se passer. Certainement pas les bookmakers. Dressons une petite liste des choses estimées comme étant plus probables qu’une victoire de Leicester en Premier League à ce moment là (5000/1, c’est-à-dire qu’en jouant 1€, vous gagniez 5000€). Kim Kardashian présidente des USA ? 2000/1. Découvrir le monstre du Loch Ness ? 500/1. Elvis Presley encore en vie ? 2000/1. Que la Reine d’Angleterre soit numéro 1 des ventes d’albums à Noël ? 1000/1… On va s’arrêter là, je crois que ça situe l’exploit. En août 2015, Ranieri est nommé entraîneur. Leicester commence sur les chapeaux de roue. Jamie Vardy score 13 fois sur les 11 premiers matchs, surpassant le record de Ruud Van Nistelrooy qui s’était arrêté à 10 matchs. Sous l’impulsion du buveur de RedBull et son acolyte Riyad Mahrez, Leicester marche sur l’eau. Champion d’automne, une victoire 3-1 à l’Etihad Stadium. Début avril, le club assure sa qualification pour la première Ligue des Champions de son histoire, et en mai, le club est officiellement sacré champion d’Angleterre, à l’issue d’une saison qui les a vu tenir la dragée haute à Tottenham et Arsenal notamment, seuls géants réellement dans la partie au cours de cette saison.

Les raisons du succès

Jamie Vardy est élu meilleur joueur de la saison FWA. Riyad Mahrez est élu joueur de la saison PFA. Les deux joueurs sont les symboles d’une équipe qui n’aura jamais été en dessous de la 5ème place. Vardy avec 24 buts, et Mahrez avec 17 buts et 11 passes sont évidemment les deux grands artisans de ce succès. Deux autres joueurs figurent dans le 11 de l’année en Angleterre : Ngolo Kanté et Wes Morgan. Ranieri, pour une première saison à la tête du club, réalise une masterclass de bout en bout, remportant 3 fois le titre de manager du mois. Vardy est nommé deux fois joueur du mois.

Madagascar, la naissance d’une équipe

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Aujourd’hui, on commence une petite série dans laquelle on reviendra sur des performances de certaines équipes au cours de l’histoire.

On commence notre petit périple du côté de Madagascar. Une équipe 46ème au classement CAF (recensant les pays africains) qui a pourtant fini en quarts de finale de la dernière CAN. Alors à quoi est du ce véritable exploit qui a tenu en haleine un continent entier ?

Une histoire bien maigre

Parfois, on peut se dire que des exploits peuvent se baser sur des grandes performances passées, ou un héritage fort. Dans le cas de Madagascar, c’est moins évident. Aucune phase finale de CAN, encore moins de Coupe du Monde. A la rigueur, quelques victoires dans des tournois triangulaires avec la Réunion et Maurice, mais c’est tout. Le pays a joué son premier match en 1963. Le joueur le plus capé a 75 sélections, le meilleur buteur a scoré 14 fois.

La CAN 2019, naissance d’une équipe

Madagascar, étant la 46ème nation africaine à l’époque, doit passer par les qualifications…des qualifications de la CAN. Ils se défont de Sao-Tomé-et-Principe et accèdent aux qualifs. Ils tirent le groupe A : Sénégal, Guinée Equatoriale et Soudan. Les deux premiers accèdent au tableau final. Les Malgaches entament par une victoire au Soudan et connaissent ensuite un match qui est fondateur pour eux : ils accrochent le Sénégal à Antananarivo devant 20 000 personnes.Les hommes de Nicolas Dupuis finissent deuxième du groupe. Ils vont vivre l’aventure CAN pour la première fois de leur histoire.

Pour le tournoi, Nicolas Dupuis convoque un groupe en lequel il croit. Son équipe tombe dans le groupe B accompagnée du Nigéria, de la Guinée et du Burundi. Madagascar finit, à la surprise générale, premier du groupe, après avoir glané ce qui ressemble à la victoire la plus prestigieuse du pays : 2-0 contre les Super Eagles du Nigéria. A partir de là, ce n’est plus que du bonus. Les coéquipiers de Jérémy Morel jouent tranquilles face à des adversaires qui ont la pression sur eux. En huitièmes, ils terrassent la RDC aux tirs aux buts. L’exploit est majeur, et tous les yeux de l’Afrique sont désormais tournés sur eux. Malheureusement, l’obstacle que représente la Tunisie en quarts est trop grand. Une défaite cinglante 3-0, mais une sortie par la grande porte. On retiendra longtemps la performance de ces hommes lors de la CAN 2019. Et l’avenir s’annonce radieux.

Voici une vidéo racontant l’incroyable parcours de Madagascar lors de la CAN 2019

Real Madrid / FC Barcelone : la course au titre

Barcelone | Barcelone - Polémique : Le Barça répond au coup de gueule du  Real Madrid après le Clasico

Arrêté pendant trois mois, la Liga reprend ses droits. Ce championnat à suspens où tout le monde peut prétendre à une place qualificative européenne, même les promus. Mais ce dont on peut être sûr, c’est que l’issue du championnat espagnol ressemblera à la majorité des années précédentes. En effet, le FC Barcelone ou le Real Madrid devrait être sacré champion d’Espagne le 19 juillet prochain.  Mais laquelle de ces deux équipes finira devant l’autre ? La course au titre sera dure et palpitante pour les deux mastodontes. Une lutte acharnée les attend.

Côté Barça, un course déjà perdue ?

Quatre victoires et trois matchs nuls : voici le bilan du FC Barcelone depuis la reprise du championnat. Invincibles, les catalans laissent quand même 6 points en cours de route. Même si les coéquipiers de Messi ont retrouvé le sourire en battant à sèchement Villarreal sur le score de 4-1, le Barça pointe à 4 points des rivaux madrilènes. Sur le calendrier, le FC Barcelone est avantagé. En effet, le club joue des équipes de bas de tableau, comme l’Espanyol Barcelone (20e), Valladolid (13e), Osasuna (11e) et Alavés (15e). En plus d’avoir perdu des points, le FC Barcelone possède de nombreux problèmes au sein du club. La légitimité de Quique Setien sur le banc du Barça est remise en question par les médias qui annoncent que le vestiaire a lâché le coach blaugrana. Le Barça Gate a agité le club en interne ces derniers temps. Sans compter la petite rumeur annuelle annonçant Messi sur le départ l’été prochain. Il y a aussi la déclaration de Gerard Piqué, disant implicitement que si l’arbitrage est aussi indulgent avec le Real, il sera impossible de remporter la Liga. Pour gagner les quatre derniers matchs de Liga, Setien devra plus que jamais compter sur ses hommes forts. Comme Griezmann qui semble se réveiller au meilleur des moments.

Valence - Barcelone (2-0) : Première défaite méritée pour Setién (les  notes) | 90min

Le Real Madrid, la force tranquille

Du côté du Real Madrid, on est plus tranquille. Une sérénité entoure le club de la capitale espagnole. L’équipe de Zinédine Zidane réalise un sans faute depuis la reprise et ne laisse aucun point derrière elle. Même si leur jeu n’est pas flamboyant, le Real gagne. Et c’est là l’essentiel. En 4 matchs, le Real n’a besoin que de prendre 7 points sur 12 possibles pour être sacré champion de Liga pour la 34e fois. On rappelle qu’ils viennent d’en prendre 21 sur les 7 derniers matchs. Au niveau du calendrier, les matchs seront un peu plus compliqués à jouer. La Casa Blanca devra jouer contre Alavés (15e), Grenade (10e), Villarreal (5e) puis Leganes (19e). La mission apparaît simple, mais le foot nous a bien montré ces dernières années que rien n’est fini avant le coup de sifflet final.

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Avantage Real Madrid dans le sprint final

Malgré une différence de 4 points séparant le Real Madrid (1er) du FC Barcelone (2e), le championnat n’est pas fini et tout peu encore arriver. Mais si je devais mettre une pièce, je la mettrais sur les poulains de Zizou qui paraissent très solides, menés par un Sergio Ramos en mission.

Interview : Frédéric Roux

Frédéric ROUX - Le Monde des Gardiens

Frédéric Roux était un footballeur évoluant au poste de gardien de buts de 1995 à 2008. Formé à l’AS Nancy-Lorraine, il a évolué avec son club formateur durant les quatre années qui suivent. Il a gagné le Championnat de France de Division 2 en 1998. Il s’est engagé ensuite une saison à La Berrichonne de Châteauroux (1999-2000). Il est parti au Girondins de Bordeaux de 2000 à 2006, où il a remporté la Coupe de la Ligue en 2002 face au FC Lorient et a participé à la Ligue Europa. Il a signé ensuite à l’AC Ajaccio pendant une saison (2006-2007). Durant l’été 2007, il a participé aux entraînements avec la réserve des Girondins de Bordeaux en attendant de trouver un club. Ce club sera l’Olympique Lyonnais, où il a évoluera durant une saison (2007-2008), avant de prendre sa retraite. Il est parti à Dubaï pour créer une académie pour entraîner les gardiens de buts. Il est revenu il y a six mois en France et cherche un club pour postuler en tant qu’entraîneur des gardiens. Actuellement, il anime des séances spécifiques sur Bordeaux pour des gardiens qui souhaitent s’entretenir, se perfectionner et faire la transition de cette période de confinement et de déconfinement pour la prochaine saison.

Suite à cette introduction pour présenter Frédéric Roux, voici l’interview !

Si je dis le mot « football », quel est le premier souvenir qui vous vient en tête et pourquoi ?

Mon premier tournoi international avec le club de l’AS Nancy-Lorraine. Je devais avoir 7-8 ans. Je venais de rejoindre ce club qui sera ensuite mon club formateur. On a gagné le tournoi en battant en finale le Bayern Munich. J’ai été élu meilleur gardien du tournoi. Et il pleuvait des cordes, le terrain était un véritable bourbier. Dans mon équipe, il y avait aussi un certain Tony Vairelles.

Équipe de l’AS Nancy-Lorraine affrontant le Bayern Munich

Pourquoi aviez-vous envie de faire du football ?

Au départ, c’est pour suivre un peu les traces de mon père et de mon frère aîné. Mon papa était également gardien de buts même s’il n’a pas évolué au très haut niveau. Donc forcément, ça m’a donné l’envie de faire comme lui.

Votre frère a joué au haut niveau ?

Non, jusqu’en U17 nationaux, à l’AS Nancy-Lorraine. Après il a fait le choix des études.

Pourquoi aviez-vous voulu faire le métier de footballeur et pas un autre ?

Parce que c’est un superbe métier et à partir du moment où vous avez de la chance d’intégrer un centre de formation comme je l’ai fait à Nancy, vous mettez alors tout en œuvre pour faire de votre passion votre métier. Le football reste avant tout un plaisir mais il devient un luxe lorsque l’un a la chance de pouvoir le pratiquer au quotidien. Et quoi de mieux que de pouvoir vivre de sa passion.

Oui c’est vrai vous avez raison. Moi ma passion c’est d’informer les autres, je voudrais devenir journaliste sportif. Aviez-vous d’autres projets étant jeune ?

Justement, j’avais l’envie comme vous de devenir journaliste sportif si je n’avais pas eu la chance de pouvoir mener cette carrière de footballeur. J’ai eu également ma période kiné. Mais tout avais un rapport avec le sport. J’aurais aimé avoir une carrière de tennisman également.

Avez-vous un club de cœur ?

Oui, je pense qu’aujourd’hui ce n’est pas un secret pour personne. Je l’ai tellement clamé haut et fort. Les Girondins de Bordeaux où j’ai eu la chance d’évoluer durant six saisons, entre 2000 et 2006.

Un souvenir à me partager en tant que supporter ?

Le Jubilé de Michel Platini. C’était en 1988, au stade Marcel Picot, à Nancy. Toutes les stars de l’époque étaient présentes dont Diego Maradona. C’était le match de l’équipe de France (championne d’Europe) contre le reste du monde. J’étais derrière un but. J’avais pu voir de près Joël Bats, Jean-Marie Pfaff, Rinat Dasaev, des grands gardiens de l’époque. Mais ça risque de ne pas trop parler aux plus jeunes. Cette soirée fut juste magique. Une très belle fête du football pour rendre hommage à l’un des meilleurs joueurs du moment, si ce n’est le meilleur.

Est-ce qu’en étant jeune, vous aviez une idole ?

J’ai aimé Joël Bats. J’ai admiré Fabien Barthez ou Bernard Lama. J’ai rigolé avec Pascal Olmeta. Mais mon idole, si dois en désigner une, c’était Gaëtan Huard. J’adorais ses tenues, son look et son style spectaculaire. Et il a mener une carrière brillante notamment à l’OM et aux Girondins.

Présentez vous parcours. Du début jusqu’à présent .

Je suis nancéien de naissance, j’ai débuté le football dans cette région dans un petit club et je suis allé faire une journée de détection à l’AS Nancy-Lorraine. A partir de là, j’ai fait toutes mes classes là-bas, jusqu’au centre de formation dirigé alors par Alain Perrin. J’ai intégré l’effectif professionnel en 1994 en tant que doublure de Grégory Wimbée. En 1996, j’ai vécu ma première saison en tant que titulaire en deuxième division. Tout se passe bien et on termine champions de France. Meilleure défense en plus, que des points positifs. La saison suivante, on se maintient en première division. Le seul point noir, c’est que je suis écarté à six journées de la fin pour faire jouer Bertrand Laquait, qui jouait en Espoir à l’époque. En tant que nancéien de naissance, je vais au clash avec mes dirigeants. A la suite de cette intervention, quelques offrent arrivent, dont les Girondins. Mais Nancy se montre trop gourmand. Je rejoins donc Châteauroux sous la forme d’un prêt où j’effectue une saison complète en tant que titulaire. A la fin de la saison, je retourne à Nancy, mais ni les dirigeants ni le coach n’ont changé. Je dois encore trouvé une solution. Par chance, Bordeaux revient à la charge. Je pars quatre ans en Gironde. C’est un rêve qui se réalise, j’ai toujours adoré ce club, cette région, surtout que les dirigeants m’ont montré deux fois leur confiance. Je débute en tant que doublure d’Ulrich Ramé. J’accepte le marché, les choses sont claires avec Elie Baup (entraîneur). J’espère alors avoir ma chance au bout d’un an ou deux du coup. Elie Baup m’accorde sa confiance sur les coupes. Je passe finalement six ans là-bas. J’ai la chance de disputer des matchs de Coupe d’Europe quand Ulrich Ramé est blessé. Libre de tout contrat, je signe deux saisons à l’AC Ajaccio qui a pour ambition de remonter la saison prochaine après leur descente. Le seul problème c’est que sportivement on n’y est pas, individuellement, je vis une de mes plus mauvaises saisons et j’ai des relations conflictuelles avec l’entraîneur. Je met un terme à mon contrat au bout d’un an et je retourne m’entraîner avec le centre de formation des Girondins. La saison suivante commence, et Grégory Coupet se blesse gravement. Il y a Alain Perrin que je connais qui entraîne l’équipe de Lyon, je les contacte, je propose mes services et tout est bouclé en un jour. Lyon c’est un autre monde. Donc lors de la saison 2007-2008, la dernière saison de ma carrière, pas de temps de jeu en équipe première mais un plaisir immense de pouvoir côtoyer tous ces internationaux au quotidien.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le poste de gardien ?

J’aime son côté « à part ». C’est un poste vraiment spécifique. Déjà petit, j’aimais l’idée de porter une tenue différente des autres joueurs, d’avoir des gants,… Après en grandissant, on comprend rapidement que ce poste est vraiment différent, avec de lourdes responsabilités en tant que dernier rempart de l’équipe. Et puis, j’aime le travail spécifique qu’il requiert, les entraînements, la préparation. Aujourd’hui, c’est un vrai plaisir que de pouvoir partager la passion avec des jeunes gardiens pour justement essayer de leur faire comprendre toute la beauté du poste, même s’il peut s’avérer parfois ingrat.

Tu réalises une saison complète en Ligue 1 avec Nancy en 1998-1999, qu’est-ce qui t’a poussé en prêt du côté de Châteauroux à la fin de cette même saison ?

Je sortais de deux très belles saisons avec Nancy, et d’un coup on me met sur le banc sans raison, si ce n’est le fait qu’il faut faire ma doublure qui est le seul équipe de France Espoir qui ne joue pas en club. J’ai assez mal pris la chose et je voyais très peu de considération de la part de mon club et j’ai fais part de mon mécontentement. Je pouvais pas continuer dans ces conditions donc j’ai demandé à partir. A ce moment là, il y a déjà les Girondins qui s’étaient positionnés mais les dirigeants ont été trop gourmands et ont fait capoter l’affaire. Suite à cela, Châteauroux est venu me chercher avec un gros projet. Les dirigeants nancéiens ne voulaient pas entendre parler d’un transfert donc on a trouvé une solution de prêt. Malheureusement, on fait une saison assez moyenne, on arrive pas à remonter en Ligue 1.

Vous avez connu de nombreux grands stades au cours de votre carrière. Quelles sensations ressentiez-vous avant de rentrer sur le terrain, pendant et après le match ?

Avant de rentrer sur la pelouse, c’était toujours un mélange d’excitation et d’appréhension car même si on préparait très bien les rencontres, on ne pouvait prévoir les scénarios et prédire ce qui nous attendait durant 90 minutes. Forcément, après le match, tout dépendait du résultat de celui-ci. Ça pouvait aussi bien être de la joie en cas de victoire comme de la déception dans le cas contraire.

Aviez-vous un rituel d’avant-match pour éloigner le stress ? Étiez-vous stressé avant un match ?

Lorsqu’on débute une carrière, il y a toujours une part de stress dû notamment à l’envie de bien faire. Après, comme bon nombre de gardiens de buts et de joueurs, j’avais mes petites habitudes et mon petit rituel d’avant-match. Je pense que c’est important pour se rassurer et pour se mettre dans les meilleures dispositions avant d’aborder la rencontre. Ça durait toute la journée du match, à l’hôtel, dans le bus nous menant au stade, dans les vestiaires, à l’échauffement.

D’accord et c’était quoi votre rituel ?

Il y avait déjà les habitudes collectives, les horaires définis le jour du match à l’hôtel : réveil, petit déjeuner, promenade, causerie, déjeuner, sieste, collation, causerie, départ pour le stade. Après, venait se rajouter mes petites habitudes personnelles notamment dans les vestiaires et à l’échauffement. J’aimais notamment m’isoler un moment dans le coin réservé aux douches, avant d’élargir à l’échauffement, avec un ballon, pour me concentrer et visualiser certaines situations de match. Puis je faisais toujours le même échauffement, c’était une véritable routine. Encore une fois pour pouvoir me mettre dans les meilleures dispositions.

Dans certains matchs, ressentiez-vous une pression autour de toi vis-à-vis des enjeux ou autre ?

Lorsque j’évoluais aux Girondins, j’avais donc ce statut de doublure derrière Ulrich Ramé. Forcément, j’avais donc moins de temps et à chaque fois qu’on faisait appel à moi, je savais que les performances allaient être épluchées. C’est aussi cela le rôle ingrat d’une doublure. Devoir répondre présent à chaque fois que vous avez l’opportunité de jouer malgré un manque de repères. Après, je ne me suis jamais focalisé sur cette pression particulière. J’essayais simplement de faire de mon mieux pour le bien du collectif.

Vous avez joué l’Europa League avec Bordeaux lors de la saison 2000-2001, y a-t-il une pression supplémentaire lors d’un match de Coupe d’Europe ?

L’environnement n’est pas le même. Il y a plus d’attention sur ces matchs. J’ai joué mon premier match de Coupe d’Europe à Lierse, en Belgique, dans un stade un peu champêtre donc sur le terrain, quand le match débute, tu ne fais trop la différence entre le championnat et l’Europa League. C’est plus l’environnement autour qui change un peu, avec des journalistes et des médias internationaux qui suivent ces matchs. Contre le Werder de Brême, là c’était un grand match, on avait fait 0-0, c’est mon meilleur souvenir en Europa League.

Quelle est la plus belle émotion qui vous avez été donné de vivre sur un terrain de football et en quoi est-elle atypique ?

La fierté d’avoir pu emmener les supporters girondins au Stade de France pour y remporter la finale de la Coupe de la Ligue en 2002 contre Lorient après un superbe parcours. La fierté d’avoir pu remporter ce trophée devant les proches et mes amis. Enfin la fierté d’avoir pu être à la hauteur de la confiance que m’avait accordé Elie Baup tout au long de la compétition.

A la Une | Les années M6 des Girondins de Bordeaux
Victoire de Bordeaux face à Lorient en finale de la Coupe de la Ligue 2002

Quel est le joueur le plus talentueux et le plus technique que vous ayez connu ?

J’ai eu la chance de côtoyer des grands joueurs, des très grands joueurs durant notamment mes passages à Bordeaux et à Lyon. Des joueurs comme Sávio, Denílson, Christophe Dugarry, … aux Girondins. Et puis à l’OL, il y avait quasiment que des internationaux. Mais si je devait en citer un, ce serait Karim Benzema qui ne faisait que débuter sa carrière à l’époque. C’était en 2007. Et quand on voit qu’il est toujours au top niveau aujourd’hui. Après, si on parle uniquement technique, Hatem Ben Arfa était très très fort.

Quels sont les entraîneurs que vous avez rencontrés et qui vous ont marqués ?

J’ai également eu la chance de côtoyer des grands entraîneurs et des grands hommes mais les deux entraîneurs qui m’ont considérablement marqué et influencé ont été Dominique Dropsy et Joël Bats. Des personnalités différentes mais une approche du football et une vision du poste de gardien de buts similaires. Ils mettaient tous les deux le plaisir en avant et m’ont fait partager toute leur expérience et leur savoir faire. C’était un pur régal de travailler tous les jours sous leurs ordres. Non seulement c’était deux grands gardiens mais aussi des grands hommes qui m’ont beaucoup appris également sur la vie.

Votre plus grande joie due au football, c’était quand ? Vous me décrivez le moment.

Le même souvenir de cette finale de Coupe de la Ligue au Stade de France en 2002. Avec un scénario idéal pour nous et la possibilité de profiter de la superbe ambiance car nous avions tué le match bien avant la fin du match, ce qui est rare. Il y a eu la communion avec nos supporters après le coup de sifflet final, l’après-match avec les proches et la fête à Lescure, le lendemain au retour sur Bordeaux. Ce sont des moments que je souhaite à tous les joueurs car nous faisons ce métier pour connaître et partager ce genre d’émotion.

Et votre pire moment ? En me le décrivant également.

Un des pires moments de ma carrière, c’est forcément une défaite. J’en ai une qui me vient en tête. On joue à Nice avec les Girondins. Je pallie l’absence d’Ulrich qui est blessé. Et là, ça a été une vraie catastrophe. Je ne suis jamais rentré dans la partie et chaque situation devant mon but me rendait fébrile. Au final, on perd. Et cerise sur le gâteau, je provoque un penalty et je me fais expulser. C’est un sentiment de trahison plus que de tristesse. Le sentiment ce soir là d’avoir abandonné les coéquipiers et d’avoir trahi les supporters bordelais car il existait une vraie rivalité avec leurs homologues niçois. Ils m’ont longtemps reproché ma piètre performance.

Avec quelques renseignements sur vous, j’ai appris qu’à un moment de votre carrière vous étiez au chômage. Comment avez-vous remonté la pente ? Vous vous êtes remis en question ?

J’ai connu deux fois le chômage. Une première fois à l’issue de ma période bordelaise. En fin de contrat, il m’a fallu trouver une nouvelle destination mais durant l’été 2006, j’ai connu le stress de me retrouver sans club. Et puis après ma saison à Ajaccio, je me suis retrouvé une seconde fois au chômage. J’avais résilié mon contrat de 2 ans en Corse après seulement la première année. Ce fut une saison trop compliquée à tous les niveaux et il m’était impossible de repartir pour une seconde saison. J’avais donc pris le risque de me retrouver sans club. Forcément on est inquiet, on se pose des questions et on se demande si on va retrouver une nouvelle opportunité professionnelle. Mais, à chaque fois, j’ai trouvé le soutien des Girondins qui m’ont accueilli gracieusement pour que je puisse m’entraîner avec le centre de formation. Ça m’a permis de m’entretenir notamment avec Patrick Battiston, Marius Trésor et Dominique Bernatowitcz et de rester en condition au sein d’un collectif pour être prêt si une opportunité venait à se présenter. Je ne les remercierai jamais assez car ils m’ont permis notamment de rebondir en 2007 à l’Olympique Lyonnais.

Et maintenant, que faites-vous comme profession ? Êtes-vous toujours dans le domaine du sport ou du football ?

A la suite de ma carrière, je suis parti vivre aux Émirats ou j’ai débuté ma « seconde vie » en tant que Coach spécifique gardiens. Après plusieurs expériences avec différentes académies internationales, j’ai travaillé avec le club professionnel d’Al Wasl où j’étais en charge de tous les gardiens de son centre de formation. Suite à cette expérience très enrichissante, j’ai décidé d’ouvrir et de développer la première académie uniquement dédiée aux gardiens de buts aux Émirats. Aujourd’hui, de retour en France, je suis toujours entraîneur de gardiens mais avec une belle expérience derrière moi et j’aimerais ainsi pouvoir intégrer un club. En attendant, je propose des entraînements spécifiques à Bordeaux pour faire la transition entre la période post confinement et le début de la prochaine saison.

Voulez vous toujours devenir journaliste sportif un jour ?

Aujourd’hui ce serait plus pour être consultant TV, intervenir sur le bord du terrain ou sur des émissions footballistiques.

Avez-vous d’autres passions que le football que vous aimeriez me faire part ?

J’ai longtemps pratiqué le golf que je trouvais notamment complémentaire avec ma carrière de joueur pour la concentration et la persévérance que ce sport exige. C’est aussi une remise en question permanente à chaque fois qu’on se retrouve devant la petite balle blanche. Sinon, depuis mon passage à Bordeaux, je me suis passionné devin et je suis donc ravi d’être de retour dans le région pour pouvoir approfondir mes connaissances. Je suis un sportif dans l’âme et je m’intéresse à toutes les disciplines. Et puis je suis curieux également en ce qui concerne l’immobilier, l’architecture et le design immobilier.

Est-ce que vous aimez voyager ? Si oui, pourquoi ?

J’aime les voyages, comme beaucoup d’entre nous et ma profession m’a permis de beaucoup voyager. J’aime découvrir de nouveaux environnements, de nouvelles cultures. Mais, à partir du moment où je me suis installé aux Émirats, j’ai beaucoup moins voyager.

Où avez-vous déjà voyagé et où aimeriez-vous partir ?

Ma carrière m’a emmené un peu partout en Europe. A titre privé, j’ai découvert pas mal de destinations un peu plus exotiques. Mais je n’ai jamais eu l’occasion d’aller aux États-Unis et c’est une destination qui me plairait beaucoup.

Quand on raccroche les crampons, en termes d’alimentation. On fait toujours attention à ce que l’on mange ou on fait beaucoup plus de petits écarts ?

Personnellement et hônnetement je me suis toujours tout permis car j’ai la chance de ne pas prendre de poids. Donc il n’y a pas vraiment de différence aujourd’hui avec ce que je mangeais lorsque j’étais joueur. Après, lorsque je vois certains ex-joueurs, je remarque que certains lâchent prise 😉 contrairement à d’autres qui continuent de garder le ligne et qui font tout pour rester « fit ».

Avez-vous des anecdotes ou des dates clés de votre carrière de gardien ? Si oui, pourrez-vous me les expliquer et les détailler ?

Des anecdotes, OK, mais pour les dates ma mémoire est un peu branlante de temps en temps, si je peux me permettre.

Un moment dont je me souviendrai toujours, c’est mon premier match professionnel avec l’AS Nancy-Lorraine. C’était en deuxième division, c’était en déplacement à Dunkerque. On fait un match solide (0-0). Pour un premier match, ne pas encaisser de buts c’est plutôt un bon début.

Ensuite, toujours avec l’AS Nancy-Lorraine, c’était un match de Coupe de France où on jouait à domicile face au SC Bastia, qui à l’époque évoluait en première division. C’était un match épique. On gagne au penalty, j’en sauve deux et je marque le penalty de la victoire.

Toujours avec l’AS Nancy-Lorraine, ma première saison en tant que titulaire qui se conclut par une montée en première division. On a obtenu le titre de meilleur défense et de champion de France de deuxième division. Cette montée en première division va me faire découvrir l’élite.

Lors de la saison 1997-1998, durant cette période il y a des anecdotes moins glorieuse. C’était un match amical pour la préparation de la saison, on était en stage en Alsace. On affronte le RC Strasbourg. Et sur un coup franc, un joueur de Strasbourg tire et le ballon vient mourir au pied du poteau. Je veux intervenir, je me fracasse contre le poteau. Plus de son, plus de lumière, je me suis réveillé quelques heures plus tard sur un lit d’hôpital. J’avais perdu connaissance.

J’ai pas mal d’anecdotes avec les Girondins de Bordeaux. En six saisons, j’ai connu des grands moments de joie. On revient toujours à cette date en mai 2002 au Stade de France. Mais il y en a eu d’autres. Notamment mon premier match européen. Je rentre en cours de jeu pour pallier à la blessure d’Ulrich Ramé. Il y a aussi mon premier match européen en tant que titulaire. C’était à Lierse, en Belgique. Pareil, Ulrich était blessé et forfait. Je suis prévenu au dernier moment que je vais être titularisé donc je n’ai pas trop eu le temps de gamberger, et puis je découvre un stade champêtre. Une nouvelle fois, on fait un match solide (0-0). Je fais une belle prestation d’ensemble et ça restera pour moi un très beau souvenir.

Après j’ai une anecdote un peu plus périeuse. C’était un match européen mais je ne sais plus contre qui on jouait. On faisait pas une belle prestation en première période. C’est la mi-temps, on rentre au vestiaire, et puis j’ai deux de mes coéquipiers qui commencent à se lancer des regards, à se provoquer à distance. Ça a fini par une petite bagarre dans les vestiaires. Le président et l’entraîneur ont du intervenir pour séparer tout le monde, pour amener tout le monde au calme. C ‘est une anecdote un peu rare dans ce milieu là.

J’ai connu une saison très compliquée dans le plan sportif à Ajaccio. Je résidait alors en Corse. J’ai connu une saison compliquée à titre collectif et également personnel. Mes prestations étaient très moyenne. J’avais du mal à jouer à domicile, j’arrivais pas à trouver mes repères. Et donc ça donnait des prestations de piètre qualité. Le public m’avait pris un peu en grip, donc lorsque vous jouez à la maison, surtout à Ajaccio comme le stade est petit, vous entendez tout. Il m’arrivait de fuir à la fin du match et de prendre ma voiture et rentrer tout de suite à la maison. Et pour donner suite à cette anecdote, ma femme était enceinte, elle était resté à Bordeaux. Donc je faisais des aller-retour le week-end entre Ajaccio et Bordeaux. C’est pour cela qu’à l’issue de ma première saison en Corse, j’ai résilié mon contrat. Ça devenait très inconfortable et invivable.

Après l’une des dates clés de ma carrière, c’est aussi quand je suis rentré pour la première fois dans les vestiaires de l’Olympique Lyonnais à l’entraînement. Deux jours auparavant, j’étais encore au centre de formation de Bordeaux avec Battiston, Marius Trésor,… pour m’entretenir et garder la forme. Et après avoir contacté le coach de l’OL, Alain Perrin, et l’entraîneur des gardiens, Joël Bats, pour être la doublure de Grégory Coupet, je me retrouve dans ce club garnit d’internationaux. A partir de ce moment là, je vis un rêve éveillé. A l’époque, l’Olympique Lyonnais dominé de la tête aux épaules le championnat de France. Il y avait Juninho, Benzema, Ben Arfa, Cris, Coupet, et j’en passe, ce n’était que des internationaux. Lors des semaines internationaux, on se retrouver à quatre joueurs à l’entraînement. Même si cette saison-là je n’ai pas eu de temps de jeu, au quotidien je vivais un rêve. A 35 ans, je ne pouvais espérer un autre environnement pour m’éclater. Cette saison là, nous avions fait le doublé championnat Coupe de France. C’était le dernier match à Auxerre. Pour officialisé le titre, il fallait évidemment un match nul. Le club avait invité tous les joueurs de l’effectif professionnel et même les familles. Il avait empreinté un avion exprès pour nous tous. On s’était tous installer dans les tribunes. On a tué le match d’entrée de jeu en marquant à la deuxième minute. On savait qu’il ne pouvait rien nous arriver et on a pu fêter le titre en avance.

Avez-vous un message à faire passer à tous les jeunes gardiens qui rêvent de devenir professionnel tôt ou tard ?

Le message est très clair. Il est autorisé à tout le monde de rêver et notamment de rêver d’une carrière professionnelle. Après il y a beaucoup de candidatures pour peu d’élus et il y a surtout un secret, si on veut pouvoir donner les moyens de vivre ces rêves, il faut être travailleur, persévérant, ne jamais lâcher quoi qui se passe et lorsque l’occasion se présente, il faut savoir la saisir et répondre présent le jour j. C’est un très très beau métier mais ça demande énormément de sacrifices lorsqu’on est jeune, beaucoup de travail lorsqu’on est professionnel. Mais ça en vaut la peine.

Pour conclure cette interview, qu’est-ce qui vous a plut dans celle-ci ? Était-elle originale ?

C’est une très bonne interview. C’est une interview qui diffère un peu de ce que j’ai pu faire dernièrement. C’était avec plaisir.

Merci Frédéric Roux pour avoir pris de votre temps pour répondre à mes questions.

Les Bleus s’inclinent face au Bulgare.

L’équipe de France n’a pas su confirmer. Après leur belle victoire face au champion d’Europe serbe dimanche, les Bleus se sont inclinés pour leur deuxième match du TQO de Berlin ce lundi, défaite 3-2 face à la Bulgarie. Les Bleus seront au repos mardi, avant d’affronter les Pays-Bas mercredi pour leur dernier match de la phase de groupes. Il faudra gagner pour se qualifier en demi-finales. Et continuer de rêver des Jeux de Tokyo.

L’équipe de France de volley-ball auraient pris un sérieux avantage pour Tokyo en cas de victoire face à la Bulgarie de Silvano Prandi, mais cela est un échec. Raté. Les Bleus se sont inclinés en cinq manches (25-23, 17-25, 25-22, 19-25, 15-8).

Les bulgare n’ont pas tremblé face à l’équipe de Laurent Tillie et ont su remportés cette rencontre qui par ailleurs reste très acrochée. Les mauvaises entames de set des Tricolores leur ont coûté très cher. Mais les Bleus ont tout de même su être tenace pour accrocher la quatrième manche. Malheureusement, cet effort monstrueux s’est montré payant pour les bulgare. En effet, totalement dépassés et fatigués, l’équipe d’Earvin Ngapeth a succombé au déchaînement des bulgares dans le tie-break décisif. Largement battue lors du précédent Euro, la Bulgarie a pris une revanche éclatante.

La puissance incroyable des bulgares a fait la différence

Durant quatre sets, les volleyeurs français ont fait le yo-yo avant de totalement s’effondré lors du tie-break décisif. Dépassés par la puissance adverse lors du premier set, ils ont su réagir lors de la seconde manche, portés par un incroyable Jean Patry au service irrécupérable ou encore d’un Barthélémy Chinenyeze en forme au contre. Un scénario qui s’est montré répété lors des manches suivantes, même si le bon passage d’Earvin Ngapeth en fin quatrième manche avait laissé croire à une issue favorable. Sans doute émoussés par la victoire face à la Serbie, les Bleus ont littéralement craqué lors du tie-break. La puissance bulgare, surtout au service, a fait très très mal à l’équipe de France qui n’ont jamais réussi à inquiéter et à mettre en difficulté la réception adverse dans la dernière manche.

Benjamin Toniutti

Ils étaient durs à manœuvrer, ils n’ont pas raté grand-chose au service, on a eu des passages à vide, il faut maintenant qu’on recharge les batteries. 

Laurent Tillie

On a pris deux sets, je suis content. En rythme, on a fait un de nos plus mauvais matchs, on est en survie, c’est le principal. 

Un match décisif face aux Pays-Bas mercredi soir

Une défaite qui n’est pas forcément une très mauvaise opération pour les Bleus. En empochant deux sets, ils accrochent tout de même un point, ce qui leur permet d’actuellement pointer en tête du groupe (avec un match en plus que les Bulgares). Une victoire face aux Pays-Bas mercredi soir devrait donc leur permettre d’accrocher à minima une des deux premières places du groupe, et ainsi d’accéder aux demi-finales. Les Jeux Olympiques seraient encore loin, puisque seul le vainqueur de ce tournoi de qualification gagnera sa place pour Tokyo… 

Pistons de Detroit: fin de saison puis opération pour l’ailier Blake Griffin?

Étant déjà dans une mauvaise phase, la saison des Pistons (actuellement 11e de la Conférence Est) va prendre un nouveau tournant. Alors que la franchise américaine pensait déjà laisser partir leur pivot américain Andre Drummond, un nouveau soucis s’ajoute à la liste du club basé à Detroit. En effet, l’ailier fort américain Blake Griffin est gêné par une blessure et pourrait bien mettre un terme à sa saison.

La saison 2019-2020 de l’ailier Blake Griffin pourrait être déjà terminée. Malgré avoir déjà enduré une opération du genou gauche l’été dernier, la star des Pistons n’est toujours débarrassée de ses soucis. L’ailier six fois All Star va donc consulter un spécialiste situé du côté Los Angeles cette semaine. D’après Chris Haynes de Yahoo Sports, sa saison pourrait être d’ores et déjà terminée. L’hypothèse d’une nouvelle chirurgie, donnant synonyme de fin de saison est sur la table, assure-t-il.

Le trentenaire n’a pu jouer que 18 matches depuis le début de saison avec Detroit. 15,5 points, 4,7 rebonds, 3,3 passes décisives de moyenne pour lui, c’est un bilan négatif pour le club du Michigan (13 victoires, 24 défaites).

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